Archive for the ‘Cours 2eme année’ Category

Projet Interviews

Lundi, juin 8th, 2009

Les étudiants de deuxième année ont réalisé l’interview d’un praticien ou d’un théoricien en relation avec le thème de leurs mémoires de fin d’études. Cette enquête fût l’occasion aussi de montrer le travail de réalisateurs comme Jean Rouch, Wim Wenders (Chambre 666), ou encore Valerio Zurlini (La Stazione).

Sophie Waridel interviewe le photographe suisse Steve Iuncker sur Xavier (1996-98), une enquête photographique datant de 1996, portant sur un jeune homme condamné car malade du sida. (18″).
Extrait (1″).
SophieWaridel_Extrait.flv

Zoé Jobin interviewe par voie épistolaire la photographe finlandaise Aino Kannisto. Elle adapte l’entretien écrit en recréant des plans vidéos évoquant le travail de l’artiste, et en lisant les réponses de celle-ci. (7’18″)
Extrait (2’19″).
ZoeJobin_Extraitlong.flv

Caroline Imsand interviewe le Docteur Olivier Tschannen, département des sciences sociales, université de Fribourg, en relation avec son mémoire sur l’identité et l’auto-représentation dans la création photographique. (13’20″)
Extrait (1’08″)
CarolineImsand_Extrait.flv

Sandra Garrido Campos interviewe Eric Seydoux, plasticien et chaman, en relation avec son mémoire sur Rendre visible l’invisible, approche historique et contemporaine de l’art spirite. (13’44″)
Extrait (45″)
SandraGarrido_Extrait.flv

Zoe Olsommer interviewe Françoise, une jeune femme d’origine suisse et camerounaise en relation avec la question du métissage. (4’24″)
Extrait (1’30″)
ZoeOlsommer_Extrait.flv

Projet 1+1 = N

Mardi, décembre 2nd, 2008

Journée de montage et expérimentation dans le cadre du projet 1+1= N

Pour rappel:
Il s’agit, pour les deuxièmes années en formation supérieure de photographie, de réaliser un ou plusieurs dispositifs permettant par la mise en regard, la juxtaposition ou le décalage d’initier un jeu entre les images et le spectateur.

Salle d’exposition CEPV

Le projet de Zoé Jobin

Le projet de Zoé Jobin

Eric Lanz

Jeudi, novembre 6th, 2008

Eric Lanz, né en 1962, il vit et travaille à Dusseldorf.

Jogging, installation vidéo interactive, 2005, exposé au Centre pour l’image contemporaine, Saint Gervais, Genève

Jogging est un dispositif avec deux écrans, le personnage évolue par l’action du spectateur, une interactivité en coup de pouce, selon les propos de l’auteur. Le deuxième s’allume ponctuellement en prolongement de l’espace du premier.

Et Hollywood… Et les écrans partagés.

Jeudi, novembre 6th, 2008

Jeux de champs contre-champs, complexification de l’espace de tournage, simultanéité des événements, l’écran partagé est une figure de style largement usitée au cinéma, à ne pas confondre pour autant avec les écrans cumulés ou encore la polyvision proposée par Abel Gance dans les années 1920.

L’Affaire Thomas Crown, (film américain en couleur, 1968 )
Un film de Norman Jewison,  né en 1926 à Toronto (Canada)

Dans L‘Affaire Thomas Crown, le réalisateur recourt ponctuellement à l’écran partagé, Steve Macqueen orchestre un hold-up depuis son bureau, il synchronise par téléphone des hommes de main qui sans se connaître se retrouvent pour la première fois au moment même du braquage. Chaque écran correspond à un personnage qui attend dans un lieu proche de la banque le signal de départ. L’écran retrouve son unité au moment de leur arrivée à la banque.
L’écran partagé est utilisé une deuxième fois lors du match de polo, les écrans se cumulent, mais aussi se déplacent en fonction du déplacement des chevaux et de la caméra. L’écran se partage parfois en une multitude de vignettes qui répètent la même image, la séquence prend un aspect plus organique.

Carrie de Brian de Palma, adaptation de Stephen King, 1976
L’écran se scinde en deux parties lors de la fameuse scène du bal où Carrie une nouvelle fois humiliée utilise ses pouvoirs surnaturels, et met à feu et à sang le bal de promotion. Carrie prend le pouvoir sur l’ensemble de la salle, et ne laisse aux personnes présentes aucune échappatoire, l’écran partagé souligne la totalité de son emprise, pour la première fois de sa vie, le monde lui est entièrement soumis.

Ecran partagé

Ecran partagé

La scène du bal, écran partagé
La scène du bal, écran partagé

La scène du bal, écran partagé

Cumulé, partagé, divisé… L’écran.

Jeudi, septembre 25th, 2008

Lecture de l’article rédigé par Bruno Lessard dans la revue canadienne Parachute (qui n’est hélas plus publiée)
Bruno Lessard (université de Montréal), Interface, corporéité, et intermédialité. Sonata de Grahame Weinbren, Parachute 113, 2004
Extrait:
L’installation de Weinbren soulève plusieurs questions reliées à la «tactilité» de l’expérience intermédiatique. Le dispositif de l’oeuvre implique en effet des enjeux relationnels, entre les médias et le corps humain, dans la mesure où un pont s’établit dans les transferts entre la matérialité des cordes pincées du violon et des notes frappées du piano dans la performance de la Sonate à Kreuzer, opus 47 de Beethoven et entre la matérialité du livre et la matérialité de l’écran tactile. Ainsi la rencontre entre le cinématographique et le numérique propose la corporéité dans l’expérience esthétique. 

Grahame Weinbren, né en 1947 à Afrique du sud, est connu pour ses travaux dans le domaine du cinéma interactif. Sonata (1991-93) en est un exemple, l’installation utilise un écran tactile par lequel le spectateur peut agir sur le fil de la narration. Trois strates narratives se superposent, et s’organisent en fonction de la performance réalisée par le spectateur.

Grahame Weinbren, Sonata (1991-93)

Grahame Weinbren, Sonata (1991-93)

Darren Aronofsky (né en 1969, New York), Requiem for a Dream (2000)
Il s’agit d’une adaptation d’un roman de Hubert Selby paru en 1978, Retour à Brooklyn (titre original : Requiem for a Dream)
Ce film présente trois exemples d’écrans partagés, les éléments proches physiquement se trouvent ainsi mis à distance.

Requiem for a Dream, 2000, chapitre 1
L’écran se partage par un balayage au moment où la mère du héros s’enferme en clôturant la porte. C’est un simple champ contre-champ, et l’endroit de la séparation de l’écran souligne la matérialité de la porte scellée.

Darren Aronofsky, Requiem for a Dream (2000), Chapitre 1

Requiem for a Dream, 2000, chapitre 4
Dans cette scène s’organise un jeu entre le fil continu de la conversation, et les gestes amoureux des protagonistes qui se désynchronisent. Les mouvements sont décalés spatialement et temporellement alors que le temps semble rester linéaire.

Requiem for a Dream, 2000, chapitre 4

Requiem for a Dream, 2000, chapitre 7
L’écran est ici scindé dans l’horizontalité, l’espace de tournage est ainsi synthétisé dans sa verticalité haut-bas. Le personnage regarde en bas ce qui nous est présenté dans la partie inférieure de l’image.

Requiem for a Dream, 2000, chapitre 7

Sophie Calle, né en 1953, France
Lors de la dernière biennale de Venise (2007), Sophie Calle l’artiste représentant le pavillon français, a proposé l’ensemble de son œuvre Prenez soin de vous. L’artiste reçoit un jour un mail de rupture qu’elle entreprend de faire lire et analyser par cent sept femmes – dont une à plumes et deux en bois -, choisies pour leur métier, leur talent d’interpréter la lettre sous un angle professionnel. L’analyser, la commenter, la jouer, la danser, la chanter. La disséquer. L’épuiser (Sophie calle, Prenez soin de vous, Actes Sud, Arles, 2007). Ces participations sont présentées sous des formes distinctes, affichages de leurs commentaires, photographies, témoignages filmés. Dans l’une des salles, trente-trois écrans sont juxtaposés, avec à chaque fois une artiste interprétant la lettre. Un écran plus grand affiche alternativement l’ensemble de ces séquences. L’œuvre est une sorte de diagramme scintillant, ressemblant à certains égards aux panneaux des indices boursiers, des arrivées d’avions, ils réfléchissent l’activité sismique de ces femmes en représentation. Chaque écran est un rôle, résonnant d’une voix singulière et commune. Cette installation figure une planche consacrée à toutes les déclinaisons de la féminité, elle transcende les âges, les temps, les cultures. (L’image en partage, CB)

Sophie calle, Prenez soin de vous, dispositif biennale de Venise 2007Sophie calle, Prenez soin de vous, dispositif biennale de Venise 2007

Sophie calle, Prenez soin de vous, Feist

Sophie calle, Prenez soin de vous, Feist

Abel Gance et son héritage

Mercredi, septembre 10th, 2008

Abel Gance, (1889-1981) invente vers 1920 la polyvision, et propose d’élargir le dispositif cinématographique standard (une salle, un écran), en juxtaposant trois écrans. Les images perçues dans la verticalité par le simple passage de la bande dans le projecteur voit ainsi, selon Abel Gance, leurs forces décuplées dans l’horizontalité. Abel Gance considère l’écran central comme l’espace de la prose, et les écrans annexes sont dédiés à la poésie. Dans son film Napoléon réalisé en 1927, les trois écrans présentent des panoramas monumentaux, mais décrivent aussi des scènes plus complexes en alternant les plans larges et serrés, en jouant sur la temporalité et parfois la symétrie.

Abel Gance, Napoléon (1927), polyvision (les bons documents sont rares!)

Abel Gance, Napoléon (1927)

Abel Gance, Napoléon (1927), polyvision

Dominique Petitgand, 1965, France
Les propositions de Dominique Petitgand, intégrées à la collection du MacVal à Vitry ne sont pas visuelles, mais sonores. Des enceintes sont disposées dans l’espace, l’auditeur navigue de l’une à l’autre pour saisir des bribes de conversation, chaque enceinte est une voix unique. Dominique Petitgand parle de “récits et paysages mentaux“, l’atmosphère se charge de silences et de non-dits, il se crée alors une sorte d’attente et de suspense. Et ensuite?

Il y a , ensuite (1994-2005),
installation pour quatre haut-parleurs, photographie prise au Macval, Vitry (France)

Dominique Petitgand, Il y a, ensuite (1994-2005)
Bientôt un extrait : Cet empêchement (2001-2006)
installation sonore pour trois hauts-parleurs

Marie José Burki, née en 1961, Suisse
Marie José Burki s’intéresse à l’installation vidéo après la réalisation du film de Loin en loin (1993), les travellings déjà présents dans ce film montrent son intérêt pour une certaine spatialisation de l’image, un dépliage de l’espace de tournage et de la temporalité filmique. En 2008, elle exposait au Centre de l’image contemporaine, à Saint-Gervais, Genève

Marie José Burki, De nos jours, 2003

Marie José Burki, De nos jours, (2003)

Michèle Noiret, Chorégraphe belge, née en 1960
De Deux points de vues, spectacle de danse, 2007

Présenté lors de la Bâtie 2008 (festival genevois), le spectacle propose un dispositif scénique complexe, avec une sorte de sampling vidéo. Le spectacle enchaîne trop maladroitement les d’effets visuels, cependant le dispositif scénique reste tout de même à noter.

Michèle Noiret, De Deux points de vues, 2007


Voir des extraits de son travail vidéo

Eija-Liisa Ahtila, née en 1959, Finlande
Consolation Service, 1999

Dans la continuité du cycle sur Ahtila, visionnage de Consolation Service, film de vingt-trois minutes réalisé pour la télévision finlandaise et présenté en diptyque lors de l’exposition Future Cinema en 2003.

Le film Consolation Service réalisé par Eija-Liisa Ahtila existe pour la télévision mais aussi sous la forme d’une installation en diptyque. Le film retrace la vie d’un couple en situation de rupture, les personnages Anni et J-P annoncent leur divorce à leur conseiller conjugal. Le diptyque accroît l’alternance des plans, et amplifie le jeu relationnel entre les images, le champ s’enrichissant d’un contre champ augmenté par des plans parfois temporellement décalés. Ahtila structure une écriture spécifique, horizontale, et œuvre à une orchestration spatiale du langage des images, Anni parle avec JP en arrière-plan, sur l’image de gauche la conseillère conjugale est à l’écoute, ou encore Anni argumente, et l’image de gauche montre qu’elle porte son bébé dans les bras. Les écrans sont des vases communicants décuplant mais contenant les tensions qui circulent de l’un à l’autre. Chez de nombreux artistes mais particulièrement chez Ahtila, la spatialisation de l’image permet un jeu combinatoire renforcé impliquant les temporalités inhérentes à chaque source d’image en présence. Les images sont légèrement asynchrones, se succèdent, et par là même semblent se suggérer l’une à l’autre. (Extrait L’image en partage, CB)

Voir un extrait de Consolation Service

Dispositif ZKM, emprunt photographique au site Internet Media Kunst Net

Eija-Liisa Athila, Consolation service, 1999

Cinéma exposé, étendu, augmenté

Dimanche, août 31st, 2008

Au cours de l’année précédente, le cours s’est concentré sur la notion de représentation du temps, la restitution de la mémoire et de l’histoire à travers la captation des images (autour du l’oeuvre philosophique d’Aby Warburg). Il a été ensuite question de la représentation d’un espace restitué, à travers par exemple le travail d’artistes comme Michaël Naimark ou Luc Courchesne (relation à la cartographie interactive et au panorama).

Les œuvres d’un certain nombre d’artistes et vidéastes comme Abel Gance, Eija-Liisa Ahtila, Thierry de Mey, ou encore Thierry Kuntzell permettront d’explorer les notions de cinéma exposé ou étendu, et de se sensibiliser à la notion d’écrans multiples ou partagés. Chez ces artistes, la relation au spectateur est modifiée par la variation spatiale des images et l’organisation habile de jeux temporels.

Christian Marclay, né en 1955, aux états unis. Il a grandit en Suisse.
Christian Marclay, Crossfire (2007)
4 projections vidéo synchronisées, couleur, son, 8 minutes 30 secondes en boucle, 4 écrans de 3,5 mètres de base.
Christian Marclay fait de l’arme à feu l’instrument de percussion privilégié de Crossfire. Les coups de feu de Pulp Fiction de Quentin Tarantino dialoguent avec le pétaradant final de Scarface de Brian De Palma ; Terminator de James Cameron avec A Bullet in the Head de John Woo… voir le lien

Christian Marclay, Crossfire

Melik Ohanian, née en 1969, en France.
Melik Ohanian, The Hand (2002)

DVD, moniteurs, son et texte, dimensions variables
Les images des battements de mains sont autant de notes qui contribuent à l’ensemble de la composition musicale. La vidéo enregistrée devient membre d’une partition exécutée en temps réel.

Melik Ohanian, The Hand (2002)


Eija-Liisa Ahtila, artiste finlandaise, née en 1959
Eija-Liisa Ahtila, Me/We (1993)
Ce court film de quatre-vingt dix secondes traite dans un format proche de la publicité de la structure familiale et de la complexité des relations au sein de la famille.

Eija-Liisa Ahtila, Me/We (1993)

Eija-Liisa Ahtila, If 6 was 9 (1995)
10′
Par ce triptyque, Ahtila souhaite rendre visible un groupe humain généralement muet, les adolescentes aux prises avec leurs corps en transformation et avec leurs sexualités.

Eija-Liisa Ahtila, If 6 was 9 (1995)