Films utilitaires, quelques propositions

janvier 21st, 2009 by Caroline Bernard

Il s’agit de réaliser pour les étudiants de première année une série de trois films photographiques à usage utilitaire. Les films doivent permettre de décrire ou de solutionner une situation en étant visualiser sur téléphone portable.

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L’Albatros, Paul Rousteau, étudiant en première année
Un travail autour de la poésie utilitaire. Les images trouvées par mots-clés sur Internet sont ici rassemblées illustrant par un procédé image par image le poème de Baudelaire mot à mot. Un travail poétique réalisé par des moyens de montage contemporain, et aspirant à remettre de la poésie dans les téléphones portables.

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Ménage, Aspirateur, Sabrina Friio, étudiante en première année
Il s’agit dans un temps au ralenti, dilué, de décrire voir de sur-décrire les actions du quotidien. Chaque étape du ménage devient un mouvement complexe, voir compliqué, à contre-emploi du film utilitaire au sens strict.

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Projet 1+1 = N

décembre 2nd, 2008 by Caroline Bernard

Journée de montage et expérimentation dans le cadre du projet 1+1= N

Pour rappel:
Il s’agit, pour les deuxièmes années en formation supérieure de photographie, de réaliser un ou plusieurs dispositifs permettant par la mise en regard, la juxtaposition ou le décalage d’initier un jeu entre les images et le spectateur.

Salle d’exposition CEPV

Le projet de Zoé Jobin

Le projet de Zoé Jobin

Sans Soleil, Chris Marker

novembre 25th, 2008 by Caroline Bernard

Focus particulier sur les séquences de Sans Soleil (1983) présentant des séries d’images fixes.
“J’ai passé ma journée devant la télé. Boite à souvenir. J’étais à Naja en compagnie des cerfs sacrés, je prenais une photo sans savoir qu’au XV siècle, Basho avait écrit Le saule contemple à l’envers l’image du héron ». Les images de la télévision défilent en une série de photographies, et opèrent une sorte de remontage filmique du mouvement télévisuel. 

J'ai passé ma journée devant la télé.
J'ai passé la journée devant ma télé

Love is for the birds

novembre 25th, 2008 by Caroline Bernard

Lise Duclaux, né en 1970 en France, vit et travaille à Bruxelles.
Elle réalise des séries de romans photos, ou des sortes planches narratives, en s’intéressant à la notion de lieu commun, et la recherche identitaire. L’ensemble de ces romans photos est téléchargeable sur le site de l’artiste.

Love is for the birds, Lise Duclaux, 2001

Love is for the birds, page 1

Love is for the birds, page 1

Droit de regards, Marie-Françoise Plissart

novembre 25th, 2008 by Caroline Bernard

Marie Françoise Plissart, née à Bruxelles en 1954, est une photographe et cinéaste belge. En 1985, elle réalise le roman photo Droits de regards, un livre de 36 pages sans textes, uniquement des photos dont la narration fonctionne comme une suite de palindromes.

L’ouvrage Droit de Regards est suivi d’un texte de Jacques Derrida, 1985, dont voici un extrait.

- C’est pourquoi ce je disais: la question du genre pose et développe la différence sexuelle, dans son instabilité la plus indécise, la différence tremblante, justement, et non la dualité oppositionnelle. Ce qui tremble ici, c’est la loi du genre. Read the rest of this entry »

Eric Lanz

novembre 6th, 2008 by Caroline Bernard

Eric Lanz, né en 1962, il vit et travaille à Dusseldorf.

Jogging, installation vidéo interactive, 2005, exposé au Centre pour l’image contemporaine, Saint Gervais, Genève

Jogging est un dispositif avec deux écrans, le personnage évolue par l’action du spectateur, une interactivité en coup de pouce, selon les propos de l’auteur. Le deuxième s’allume ponctuellement en prolongement de l’espace du premier.

Et Hollywood… Et les écrans partagés.

novembre 6th, 2008 by Caroline Bernard

Jeux de champs contre-champs, complexification de l’espace de tournage, simultanéité des événements, l’écran partagé est une figure de style largement usitée au cinéma, à ne pas confondre pour autant avec les écrans cumulés ou encore la polyvision proposée par Abel Gance dans les années 1920.

L’Affaire Thomas Crown, (film américain en couleur, 1968 )
Un film de Norman Jewison,  né en 1926 à Toronto (Canada)

Dans L‘Affaire Thomas Crown, le réalisateur recourt ponctuellement à l’écran partagé, Steve Macqueen orchestre un hold-up depuis son bureau, il synchronise par téléphone des hommes de main qui sans se connaître se retrouvent pour la première fois au moment même du braquage. Chaque écran correspond à un personnage qui attend dans un lieu proche de la banque le signal de départ. L’écran retrouve son unité au moment de leur arrivée à la banque.
L’écran partagé est utilisé une deuxième fois lors du match de polo, les écrans se cumulent, mais aussi se déplacent en fonction du déplacement des chevaux et de la caméra. L’écran se partage parfois en une multitude de vignettes qui répètent la même image, la séquence prend un aspect plus organique.

Carrie de Brian de Palma, adaptation de Stephen King, 1976
L’écran se scinde en deux parties lors de la fameuse scène du bal où Carrie une nouvelle fois humiliée utilise ses pouvoirs surnaturels, et met à feu et à sang le bal de promotion. Carrie prend le pouvoir sur l’ensemble de la salle, et ne laisse aux personnes présentes aucune échappatoire, l’écran partagé souligne la totalité de son emprise, pour la première fois de sa vie, le monde lui est entièrement soumis.

Ecran partagé

Ecran partagé

La scène du bal, écran partagé
La scène du bal, écran partagé

La scène du bal, écran partagé

Des films à voir sur place

octobre 1st, 2008 by Caroline Bernard

Les écrans mobiles permettent de contextualiser la diffusion des films, le spectateur doit physiquement se déplacer et par exemple dans les travaux de Natacha Clitandre suivre pas à pas la marche de celle-ci. Dans son projet La Domestique, l’espace de l’écran se superpose à l’espace réel du tournage se confondant strictement avec lui. Ses films sont des promenades à réaliser dans le lieu même où les images ont été réalisées, en fonction des indications qu’elle donne, des coups de sonnette qui ponctuent le film. Elle propose au spectateur de prendre part à un jeu formel dans lequel l’écran devient littéralement le prolongement de son corps et mes jambes se substituent aux siennes.

Voir le site de La Domestique

Natacha Clitandre (Canada), La Domestique, 2008

Natacha Clitandre, La Domestique, 2008

Dans la même veine des films à consulter sur place, l’expérience réalisée par Gwenola Wagon dans le cadre du master arts plastiques de l’Université Paris 8 et le festival Pocket films. Le projet Mobile Tube est une série de films à consulter sur la Piazza Beaubourg en fonction d’une carte distribuée aux spectateurs.

Gwenola Wagon et le Master Arts Plastiques, Mobile tube, la carte, 2008

Gwenola Wagon et le Master Arts Plastiques, Mobile tube, la carte, 2008

A noter le travail de Dominique Gonin-Peysson: Sa performance Corrélation Mobile, sorte de jeu d’arcade à taille réelle, et ses Quatre histoires de poches, poèmes vidéos en hommage à plusieurs artistes contemporains.

L’agence de Voyage Nogo Voyages
Stéphane Dégoutin, Alex Knapp, Gwenola Wagon
Nogo Voyages est une agence de voyages d’un genre inédit, le voyage est considéré comme un atelier, et la prise d’images et de sons est au coeur de l’exploration.

A suivre prochainement lors de Version Beta au Centre de l’image contemporaine à Saint-Gervais, Genève:

Moilesullaz 1:1, 2008
Avec le dispositif Moillesulaz 1:1, les visiteurs pénètrent dans une carte à échelle 1, qui n’est consultable que sur le site qu’elle représente. Ils écoutent des sons et des réflexions à l’endroit même où ils ont été émis.

1, 2008

un autre exemple de Nogo Voyages
Gwenola Wagon, Blackpool-Manchester, 2008
vidéo couleur en split screen. Sous-titres en anglais. Projet présenté au Festival TRIP (Territories Reimagined: International Perspectives), Manchester, 19-21 juin 2008.
Blackpool-Manchester est l’histoire d’une dérive à travers des territoires fictifs et réels. Le 16 juillet 2007, je visite Blackpool. Le 26 juillet, je dérive à Manchester, sans avoir le temps de visiter la ville autour. Pour le festival TRIP, je planifie un voyage de Blackpool à Manchester. Dans un premier temps, je réalise l’expérience d’un voyage en naviguant sur des sites Internet et en utilisant des interfaces telles que Google Earth et Second Life.  Je réunis toutes sortes d’informations sur les lieux situés entre les deux villes et explore les histoires collectées comme si je me trouvais sur place. J’explorerai les histoires collectées, et je tirerai de ce voyage une première vidéo, comme si je me trouvais sur place.
Le voyage imaginaire se prolonge dans un territoire réel, je me déplace physiquement entre Blackpool et Manchester.
Gwenola Wagon

Voir les films

Gwenola Wagon, Blackpool-Manchester, 2008

Gwenola Wagon, Blackpool-Manchester, 2008

Cumulé, partagé, divisé… L’écran.

septembre 25th, 2008 by Caroline Bernard

Lecture de l’article rédigé par Bruno Lessard dans la revue canadienne Parachute (qui n’est hélas plus publiée)
Bruno Lessard (université de Montréal), Interface, corporéité, et intermédialité. Sonata de Grahame Weinbren, Parachute 113, 2004
Extrait:
L’installation de Weinbren soulève plusieurs questions reliées à la «tactilité» de l’expérience intermédiatique. Le dispositif de l’oeuvre implique en effet des enjeux relationnels, entre les médias et le corps humain, dans la mesure où un pont s’établit dans les transferts entre la matérialité des cordes pincées du violon et des notes frappées du piano dans la performance de la Sonate à Kreuzer, opus 47 de Beethoven et entre la matérialité du livre et la matérialité de l’écran tactile. Ainsi la rencontre entre le cinématographique et le numérique propose la corporéité dans l’expérience esthétique. 

Grahame Weinbren, né en 1947 à Afrique du sud, est connu pour ses travaux dans le domaine du cinéma interactif. Sonata (1991-93) en est un exemple, l’installation utilise un écran tactile par lequel le spectateur peut agir sur le fil de la narration. Trois strates narratives se superposent, et s’organisent en fonction de la performance réalisée par le spectateur.

Grahame Weinbren, Sonata (1991-93)

Grahame Weinbren, Sonata (1991-93)

Darren Aronofsky (né en 1969, New York), Requiem for a Dream (2000)
Il s’agit d’une adaptation d’un roman de Hubert Selby paru en 1978, Retour à Brooklyn (titre original : Requiem for a Dream)
Ce film présente trois exemples d’écrans partagés, les éléments proches physiquement se trouvent ainsi mis à distance.

Requiem for a Dream, 2000, chapitre 1
L’écran se partage par un balayage au moment où la mère du héros s’enferme en clôturant la porte. C’est un simple champ contre-champ, et l’endroit de la séparation de l’écran souligne la matérialité de la porte scellée.

Darren Aronofsky, Requiem for a Dream (2000), Chapitre 1

Requiem for a Dream, 2000, chapitre 4
Dans cette scène s’organise un jeu entre le fil continu de la conversation, et les gestes amoureux des protagonistes qui se désynchronisent. Les mouvements sont décalés spatialement et temporellement alors que le temps semble rester linéaire.

Requiem for a Dream, 2000, chapitre 4

Requiem for a Dream, 2000, chapitre 7
L’écran est ici scindé dans l’horizontalité, l’espace de tournage est ainsi synthétisé dans sa verticalité haut-bas. Le personnage regarde en bas ce qui nous est présenté dans la partie inférieure de l’image.

Requiem for a Dream, 2000, chapitre 7

Sophie Calle, né en 1953, France
Lors de la dernière biennale de Venise (2007), Sophie Calle l’artiste représentant le pavillon français, a proposé l’ensemble de son œuvre Prenez soin de vous. L’artiste reçoit un jour un mail de rupture qu’elle entreprend de faire lire et analyser par cent sept femmes – dont une à plumes et deux en bois -, choisies pour leur métier, leur talent d’interpréter la lettre sous un angle professionnel. L’analyser, la commenter, la jouer, la danser, la chanter. La disséquer. L’épuiser (Sophie calle, Prenez soin de vous, Actes Sud, Arles, 2007). Ces participations sont présentées sous des formes distinctes, affichages de leurs commentaires, photographies, témoignages filmés. Dans l’une des salles, trente-trois écrans sont juxtaposés, avec à chaque fois une artiste interprétant la lettre. Un écran plus grand affiche alternativement l’ensemble de ces séquences. L’œuvre est une sorte de diagramme scintillant, ressemblant à certains égards aux panneaux des indices boursiers, des arrivées d’avions, ils réfléchissent l’activité sismique de ces femmes en représentation. Chaque écran est un rôle, résonnant d’une voix singulière et commune. Cette installation figure une planche consacrée à toutes les déclinaisons de la féminité, elle transcende les âges, les temps, les cultures. (L’image en partage, CB)

Sophie calle, Prenez soin de vous, dispositif biennale de Venise 2007Sophie calle, Prenez soin de vous, dispositif biennale de Venise 2007

Sophie calle, Prenez soin de vous, Feist

Sophie calle, Prenez soin de vous, Feist

Ecrans Mobiles

septembre 18th, 2008 by Caroline Bernard

Lili range le chat, les expériences de films pour téléphone portable:
Ballon, rétrospective
L’ensemble de ces films a été réalisé pour la première édition du Pocket Film Festival en 2005 à Paris. Ils ont été montré à nouveau sous un montage inédit en 2008 à ce même festival.
Ces séquences entretiennent un rapport métaphorique à l’usage premier du téléphone portable. Le téléphone est accroché à un ballon, un des enjeux est de reculer les limites de la mobilité du téléphone (il n’est plus une simple extension du corps) et lui faire prendre la voie des airs, à l’image des ondes qui de relais en relais traversent l’espace pour assurer la communication.

Ballon, rétrospective, 2008

Ballon, rétrospective, 2008

Ballon, Dispositif de tournage, 2008

Ballon, Dispositif de tournage, 2008

Voir l’ensemble des expériences de 2005

Time Phones, Caroline Bernard, Gwenola Wagon
Gwenola Wagon est professeur à l’université de Paris 8, et membre du collectif d’artistes Cela étant.

Atelier se déroulant à l’HEAD, Postgrade, à Genève, les 22-23-24 mai 2006 sur le thème des films pour téléphones portables. Ce worshop est en relation avec le festival Pocket films qui a eu lieu le 6, 7 8 octobre 2006 au centre Pompidou.
L’enjeu était de réaliser des performances de tournage avec de multiples cadreurs en utilisant les téléphones caméras, Les films étaient ensuite montés et diffusés sous la forme d’un split screen. Nous avons demandé aux étudiants de penser à la finalité collective de ce travail, de s’interroger sur la vision plurielle et les possibles relations entre chaque image… En effet, comment plusieurs vues venant d’autant de filmeurs peuvent-elles cohabiter dans un même espace-temps ?

Time Phones, performance, 2006

Time Phones, performance, 2006

Voir le site de Time Phones

Son Papillon s’est envolé, 2007
Damien Guichard, Caroline Bernard, Ourida Boulferkat, Catherine Cochard, Ariadna Mateu Olivella, Aurélie Sanchez, Eugenia Biserova, Otabek Gafurbekov, Shukhrat Karimov

Dans le cadre de notre nouvelle participation au Pocket Films Festival (8-9-10 juin 2007, Beaubourg Paris), l’équipe de Lili range le chat a conduit pendant plusieurs mois un échange cinématographique entre l’Europe et l’Ouzbékistan. Cet échange s’est poursuivi sur place au mois d’avril 2007 (films dominos) par des ateliers en partenariat avec le service culturel français de la ville de Tachkent, capitale de l’Ouzbékistan.
Il s’agissait de créer un jeu de croisements d’images à partir d’expressions idiomatiques russes, ouzbeks, françaises, ou espagnoles. A intervalles réguliers, les artistes participants réalisaient un film court avec comme phrase d’accroche un proverbe, une expression et le postaient sur le blog spécialement crée pour l’occasion. Ce blog était ainsi un lieu de rendez-vous virtuel, il permettait une correspondance filmique. Il est devenu par prolongement un outil de montage, puisque l’accumulation des images crée un film hybride à auteurs multiples. Au final, les filmeurs sont devenus des lépidoptéristes, capturant des films papillons qu’ils épinglaient par la suite pour créer une collection haute en couleurs. 

Son Papillon s’est envolé, 2007

Son Papillon s’est envolé, 2007

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Valérie Mréjen, née en 1969 à Paris

Valérie Mréjen, Hors Saison, environ 2′, 2008, couleur, son
Valérie Mréjen est une artiste qui manipule le langage, et à travers lui la mémoire et les souvenirs. Hors Saison est un film photographique d’une durée de deux minutes, des cartes postales d’hôtels au décor des années 1970 s’enchaînent avec par dessus une voix off qui tisse le lien narratif entre les images. Les cartes postales sont des pièces vides et impeccables, la voix est celle d’un mari dont le couple décline et qui raconte des vacances potentiellement rattachés à ces lieux anonymes.

Hors Saison, environ 2′, 2008, couleur, son
Hors Saison, environ 2′, 2008, couleur, son